Qui suis-je, pour décider de ton sort ?
Qui es-tu, pour décider de mon sort ?
Je suis la souffrance avant la mort,
La douleur avant le réconfort.
Peut-être, mais c’est mon bras, mirage d’une justice qui te perd.
Tout comme j’ai perdu mon père.
Non ! Le Passeur de la barque que l’on doit emprunter
Pour traverser,
Ne peut se tromper.
Pense aux champs paisibles,
Où ton cœur,
Mon cœur,
Ton esprit,
Mon esprit,
Devenus infaillibles
Se reposent de tous leurs tourments
Et continuent à avancer en posant
Un pied devant
Malgré les chaînes du temps.
Jamais,
Je ne t’oublierai,
TIMMY
Du Haut de Crécy,
Depuis ce jour où tu m’as léché la main.
Jamais, que ce soit hier, aujourd’hui ou demain.
Non, jamais.
Mon Golden Retriever, mon Loup de cœur
Qui m’as donné tant de bonheur.
Sur ce chemin d'un soir,
Les rires d'Adélaïde et de Victoire,
Ce canon qui tonne,
Sur les tranchées de Craonne,
Écoute, les hurlements de douleur,
Des poilus écartelés par la peur,
Les cris de révolte,
Qui font des obus d'avril, une récolte.
Des lueurs artificielles,
Illuminent nos visages noirs,
Les éclats de shrapnel,
Nous trouent telles des passoires.
Condamnés
Dans cette boue en guise d'échafaud,
À être allongés
Droits comme des poteaux.
Je fais un pas, c'est ma butte,
en avant a dit le général, c'est votre lutte.
N'avancez pas Kameraden, das ist der krieg heute,
Restez dans vos creutes.
Je fais un pas, c'est normal,
Je ne sens pas les balles,
Juste un petit bout de fer qui m'a libéré,
God, help me, je vois les nuages les yeux fermés.
Comme un papillon sur la corolle d'une fleur,
Un cœur, se repose de son amour, abrité.
Lorsque, sur ses joues, le vent vient le caresser
Et lui souffler doucement dans l'oreille, qu'ailleurs ?
Ailleurs ! se dit le papillon, oui, pourquoi pas.
Allons voir si d'autres pensées peuvent bercer
Mon âme. Le voyage sera long, délicat
Peut-être ; enfin, cela ne peut m'inquiéter.
Le papillon se posa sur une rose.
Celle-ci étant occupée, ne put l'accueillir,
Mais lui montra une amie pleine de charmes.
Le cœur alors, s’en alla sur cette autre rose,
Mais elle avait pleuré tellement de larmes
qu'il se noya en voulant aimer son sourire.
Des reflets cuivrés aux dorures oubliées
Dans sa robe ternie,
Une vieille horloge somnolait.
Perdue dans cet océan de boiseries,
Ses aiguilles bloquées,
Elle s'ennuyait.
Abandonnée dans un coin,
Elle effeuillait chaque saison,
Comptant chaque seconde
L’espoir qu'un enfant lui prenne la main
Et l'entraîne dans une ronde
Hors de cette triste maison.
Quelques gouttes de pluie, notes de piano,
Une fenêtre qui claque, le vent qui s'engouffre
Elle crût un court instant
Ne plus sentir son cœur qui souffre
En écoutant cet étrange concerto
Comme auparavant.
La porte s'ouvrit si violemment
Qu’elle tomba.
Dans ce brouhaha,
Devenue maladroite,
Son balancier penchant à gauche, à droite,
Elle s'écrasa bêtement.
Avant de s'endormir,
Au fond de cette immense cohorte,
Une dernière fois, le miroir de cuivre bougea.
Tic-tac, tic-tac, pourquoi vais-je mourir ?
Ne suis-je pas bien là ?
Et le petit garçon referma la porte.
Et bien d'autres encore ............à découvrir.
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